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Ressources naturelles et paysages

Combien coûte l’introduction d’espèces exotiques en Guadeloupe ?

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publié le 17 juin 2016

Les espèces exotiques envahissantes (EEE) sont l’une des principales causes d’érosion de la biodiversité en milieu insulaire.

Elles causent des impacts économiques, sanitaires et environnementaux négatifs, nombreux et divers. Voici par exemple les impacts que relève l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), en particulier son émanation dédiée aux espèces exotiques envahissantes de l’outre-mer français :
«  Ces impacts incluent les effets préjudiciables des plantes exotiques sur la production agricole et l’utilisation accrue de pesticides, l’augmentation du coût du contrôle des espèces nuisibles, la diminution des ressources hydrologiques, le coût de la restauration des milieux naturels, les effets des pathogènes introduits sur les espèces sauvages et la santé. Des coûts additionnels importants peuvent inclure une baisse d’opportunité de valorisation directe (ex : industrie pharmaceutique) ou indirecte (ex : tourisme) des ressources. L’agriculture et plus généralement les activités qui exploitent les ressources naturelles, sont les premières touchées par les espèces exotiques envahissantes.  » [1]

La réglementation, aux niveaux européen et national, impose de prévenir leur introduction sur le territoire de la Guadeloupe et de lutter contre les EEE déjà introduites.

Les enjeux d’une meilleure prévention contre l’introduction d’EEE sur le territoire, concernent les structures publiques comme privées : elle permettrait d’économiser le coût de la lutte contre ces espèces une fois qu’elles sont installées, ainsi que les préjudices économiques causés par leurs impacts (agriculture, santé, dégradation d’infrastructures…).

Le sujet est complexe : il existe un enjeu réel à construire en commun un argumentaire écologique, économique et sanitaire sur ce sujet.

Etude DEAL/ASCONIT - Combien coûte l’introduction des EEE en Guadeloupe?

C’est pour démarrer cette réflexion que la DEAL Guadeloupe a lancé une première enquête, confiée à ASCONIT Consultants, auprès d’une cinquantaine d’opérateurs publics et privés, qui recense de 2009 à 2014 :
* les dépenses effectuées pour lutter contre les espèces exotiques déjà introduites en Guadeloupe (rats, mangoustes…),
* les dépenses engagées pour remédier aux dommages qu’elles ont générés.

Consulter la synthèse de l’étude ASCONIT :
Livret_Combien coûte l’introduction d’espèces exotiques en Guadeloupe? (format pdf - 2.3 Mo - 30/05/2016) Etude sur les dépenses engagées dans la lutte contre les espèces exotiques envahissantes en 2009-2014

Grâce aux réponses fournies par 32 des organismes consultés, nous avons désormais une idée du montant minimum dépensé dans le cadre de cette problématique : entre 2009 et 2014, les espèces exotiques envahissantes ont coûté au moins 3.6 millions d’euros d’argent public en Guadeloupe. Ce coût augmentera inéluctablement si des mesures de prévention efficaces ne sont pas prises pour éviter leur introduction dans le milieu naturel et sur le territoire.}}}

La DEAL a elle-même supporté 12% des coûts recensés sur la période.
Elle souligne la participation active et l’adhésion à la démarche des organismes locaux suivants qui ont répondu à l’étude et les remercie :

* l’Union européenne, à travers les organismes gestionnaires des fonds européens - UE (22% des dépenses recensées),
* la Fédération régionale de lutte et de défense contre les organismes nuisibles - FREDON (13%),
* le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement - CIRAD (10%),
* le service mixte de police de l’environnement - SMPE (10%),
* l’ASSOFWI (7%),
* l’Office National des Forêts - ONF (5%),
* l’Office de l’Eau (5%),
* le Conseil régional (4%),
* l’Institut National de Recherche Agronomique - INRA (3%),
* le Centre d’activité régional pour le protocole SPAW - CARSPAW (3%),
* le Conseil Départemental (2%),
* l’Agence Régionale de Santé - ARS (1%),
* le Parc National de la Guadeloupe (1%),
* le Conservatoire du littoral,
* le Conservatoire Botanique des îles de Guadeloupe - CBIG,
* la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt - DAAF,
* la Commune de Terre-de-Haut des Saintes,
* la Commune de Grand-Bourg de Marie-Galante,
* le sanctuaire AGOA,
* le Parc aquacole de Guadeloupe (société Océan),
* le syndicat des producteurs aquacoles de Guadeloupe,
* le Parc zoologique de Mamelles,
* l’association ACED,
* l’association AEVA,
* l’association - AMAZONA,
* l’association Ecole de la Mer,
* l’association IGREC Mer,
* l’association le Gaïac,
* l’association le Refuge du papillon,
* la Société d’Economie Mixte d’Aménagement de la Guadeloupe - SEMAG.

Les données ont été stockées dans une base de données qui continuera d’être alimentée, pour tenter de suivre l’évolution quantitative et qualitative des dépenses engagées sur cette problématique.

Lire également l’enquête nationale du CGDD 2015 sur la même thématique