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COOPERATION INTERNATIONALE

La coopération avec Haïti au centre des débats

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publié le 19 avril 2017 (modifié le 25 avril 2017)

Le 6 Avril 2017, dans les locaux de la « DEAL », la coopération Haïti / Guadeloupe était au centre des échanges. Bertrand Fort, Délégué à l’action extérieure des collectivités territoriales du MAEDI et Secrétaire Général de la Commission Nationale de la Coopération Décentralisée était accompagné de Damien Bauchau, Attaché de coopération à l’Ambassade d’Haïti et de Lisa Bonnet, Chargée de mission auprès du Délégué.

Quels moyens pour une véritable politique de coopération décentralisée?

Aux côtés de Maxime Cuenot, adjoint du Secrétaire Général aux Affaires Régionales de la préfecture, la DEAL était représentée par Nady Vial-Cabrera, en charge de la coopération internationale. Une quarantaine de représentants de services publics et d’acteurs privés locaux œuvrant à l’international, ont répondu à l’invitation lancée par l’État. Bertrand Fort, a ainsi présenté les missions de sa délégation, véritable outil et relai des actions des collectivités territoriales. Il a évoqué le Livre Blanc"Diplomaties et territoires" ; il aussi souligné l’importance des partenaires des collectivités françaises d’Amérique dans la « diplomatie démultipliée ».
Puis, des responsables politiques de la Région et du Département, le président de l’association des maires, des chefs d’édilité, des associations, ont témoigné de leur implication dans la Caraïbe. Ils ont rappelé qu’ils tissent des liens très étroits avec d’autres pays de la région, en particulier Haïti. Ils ont insisté sur des liens anciens et durables, qui se concrétisent à travers des projets divers. Néanmoins, ils ont déploré le fait que beaucoup de ces projets n’aboutissaient pas en raison de processus d’octroi d’aides trop complexes, ou s’essoufflaient faute de financements et de continuité dans les politiques.

Le porte-parole du Conseil Régional a énoncé les outils mis à disposition pour financer et orienter cette politique de coopération :
- les fonds INTERREG, à hauteur de 86 millions d’euros (pour des projets correspondant aux axes définis par son volet V « Soutenir le développement des énergies renouvelables » avec les pays de l’Organisation des États de la Caraïbe Orientale (OECO-OECS).
- un Fonds Régional, aux ressources plus modestes puisqu’il est abondé à hauteur de 300 000 €. Maxime Cuenot a tout de même tenu à rappeler que ce fonds correspond au double de la dotation du Fonds de Coopération Régionale (FCR).

Tous les participants ont dit leur intérêt pour approfondir leur connaissance sur ces « nouveaux » dispositifs techniques et financiers, mis à leur disposition pour s’engager mieux et plus dans la voie d’échanges « gagnant-gagnant ». Ils ont ainsi posé des questions précises quant au budget dont dispose la Délégation, et regretté par ailleurs la portée restreinte des « appels à projet ». Bertrand Fort s’est attaché à répondre à leurs interrogations, indiquant les sommes dont disposait la DAECT, de l’ordre de 10 M€. Il a expliqué le choix de la formule par la nécessité de sélectionner les demandes de financement et prioriser certains axes de développement. Il a aussi rappelé qu’il n’y avait pas de petits projets (tous étant subventionnés à hauteur de 45 % maximum) et que ces fonds pouvaient venir en complément de ceux alloués par d’autres bailleurs institutionnels tels que la Banque Mondiale, l’AFD,

Mais que valent tous ces moyens et initiatives sans infrastructures ?

Conformément à l’ordre du jour, l’Association des Maires de Guadeloupe a exposé un projet de coopération avec l’Association des Maires de la Grande Anse AMAGA, en lien avec le CNFPT et certaines collectivités locales, visant à former élus et cadres administratifs « grandansois ».

L’exposé de ce projet a été l’occasion pour plusieurs participants d’exprimer la difficulté à répondre, pour des raisons tenant tant aux structures qu’aux faiblesses de l’accompagnement technique, de façon efficace et pérennes aux sollicitations d’autres territoires Antillais, pourtant demandeurs de nos compétences et savoir-faire.

Ainsi, une intervention remarquée a souligné l’inanité de tels efforts (notamment en Haïti) sans l’installation préalable d’infrastructures lourdes, telles que des routes, l’eau, l’électricité et un réseau Internet fiable.

Peut-être l’une des solutions viendra-t-elle de la constitution aux Antilles d’un réseau régional multi-acteurs (RRMA) qui servirait à la fois d’instrument et de catalyseur d’une politique volontaire et efficiente de coopération dans la région ?

Voir également :
"Haïti"
Instruments financiers