Envoyer à un ami  Imprimer  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte  abonner article  desabonner article
Préventions des risques et nuisances

Qu’est-ce que c’est?

partager sur facebook partager sur twitter
publié le 2 avril 2012 (modifié le 16 juillet 2018)

Les types d’inondation en Guadeloupe :

Une inondation est une submersion, rapide ou lente, d’une zone habituellement hors d’eau. Le risque inondation est la conséquence de deux composantes : l’eau qui peut sortir de son lit habituel d’écoulement ou apparaître (« l’aléa »), et l’homme qui s’installe dans la zone inondable pour y implanter toutes sortes de constructions, d’équipements et d’activités (« les enjeux »).
Le climat tropical humide de la Guadeloupe en fait une région à haut risque d’inondation.

On observe en Guadeloupe différents types d’inondation :

Les crues des cours d’eau :

En Basse-Terre, où les bassins versants sont de faibles superficies et pentus, les crues torrentielles sont fréquentes. Elles se traduisent par une augmentation forte et soudaine des débits des cours d’eau.
Elles sont généralement la conséquence de précipitations intenses sur des durées courtes, inférieures à la journée.

Elles provoquent des débordements dans les parties aval où les capacités hydrauliques sont plus faibles et les enjeux plus importants (urbanisation dense le long des côtes et des cours d’eau).
Elles s’accompagnent en outre d’un transport solide important (charriage de blocs) et de phénomènes d’érosion du lit et des berges.

Le risque est d’autant plus fort que les délais d’alerte sont courts voire inexistants et que les crues sont rapides (30 minutes à 1 heure en général).

Par ailleurs, plusieurs facteurs peuvent aggraver les inondations et les risques correspondants :
• les déboisements et l’urbanisation réduisent les infiltrations dans le sol, augmentent le volume et la vitesse des écoulements et facilitent l’érosion ;
• les remblais et dépôts de toute nature dans les ravines et rivières provoquent des embâcles aux effets imprévisibles et potentiellement dévastateurs.

Les inondations de plaine ou pluviales :

En Grande-Terre et dans le nord de la Basse-Terre, les inondations ont lieu plus généralement en cas de saturation des sols par les pluies, c’est-à-dire lorsque les capacités des sols à infiltrer et stocker l’eau sont épuisées, ce qui provoque la stagnation des eaux de pluie.

Ces inondations dites « pluviales » sont souvent observées lorsque la capacité du réseau d’assainissement des eaux pluviales est insuffisante.

Elles sont particulièrement marquées dans les zones où l’évacuation des eaux de pluie est très lente du fait de l’absence d’exutoire, autre que l’infiltration ou l’évaporation, ou de la faible pente (zones littorales).

Le ruissellement pluvial :

L’imperméabilisation du sol par les aménagements (bâtiments, voiries, parkings …) et par les pratiques culturales limite l’infiltration des précipitations et accentue le ruissellement.

Ceci occasionne souvent la saturation et le refoulement du réseau d’assainissement des eaux pluviales.
Il en résulte des écoulements plus ou moins importants et souvent rapides dans les rues, notamment les plus pentues.

La submersion marine :

En zone littorale des inondations peuvent se produire lors de conditions météorologiques sévères.
Elles sont liées aux « marées de tempête » (surélévation du niveau de la mer dans en cas de situations dépressionnaires (cyclones)) et au déferlement des houles cycloniques.

Les effets de la submersion marine se conjuguent souvent aux inondations provoquées par les crues des cours d’eau et le ruissellement pluvial.

Les enjeux exposés :

D’une façon générale, la vulnérabilité d’une personne est provoquée par sa présence en zone inondable, notamment lorsque les délais d’alerte et d’évacuation sont trop courts ou inexistants.

Les zones à risques sont aujourd’hui connues et cartographiées sur l’ensemble de la Guadeloupe, notamment dans les plans de préventions des risques naturels (PPRN) et de l’évaluation préliminaire des risques d’inondations réalisée dans le cadre de la directive inondation.

Si les dommages aux biens touchent essentiellement les biens mobiliers et immobiliers, on estime cependant que les dommages indirects (perte d’activité, chômage technique, etc.) sont souvent plus importants que les dommages directs.

Enfin, les conséquences (pas forcément négatives) au milieu naturel sont dues à l’érosion et aux dépôts de matériaux, aux déplacements du lit ordinaire, etc. Les dégâts au milieu sont possibles quand des activités potentiellement polluantes (industries, stations d’épuration, …) sont situées en zone inondable, une pollution ou un accident technologique pouvant alors se surajouter à l’inondation.

La surveillance et la prévision des phénomènes :

La prévision des inondations en Guadeloupe consiste en une surveillance météorologique continue assurée par Météo-France et la mise en œuvre de la procédure de vigilance météorologique.

Il est cependant difficile de quantifier avec précision les précipitations et surtout de localiser le ou les bassins versants qui seront concernés par les crues.

La prévention des inondations :

Parmi les mesures prises ou à prendre pour réduire l’aléa inondation ou la vulnérabilité des enjeux exposés on peut citer :

Les mesures collectives

  • L’entretien des cours d’eau pour limiter tout obstacle au libre écoulement des eaux (le curage régulier, l’entretien des rives et des ouvrages, l’élagage, le recépage de la végétation, l’enlèvement des embâcles et des débris …),
  • La création de bassins de rétention, de puits d’infiltration, l’amélioration des collectes des eaux pluviales, la préservation d’espaces perméables ou d’expansion des crues,
  • Les travaux de corrections actives ou passives pour réduire le transport solide en provenance du lit de la rivière et du bassin versant (la restauration des terrains en montagne, la reforestation, la création de barrage seuil ou de plage de dépôt, etc.).

Les mesures individuelles

  • La prévision de dispositifs temporaires pour occulter les bouches d’aération, les portes (batardeaux),
  • L’amarrage des cuves,
  • L’installation de clapets anti-retour sur les réseaux,
  • Le choix des équipements et techniques de constructions en fonction du risque (matériaux imputrescibles),
  • La mise hors d’eau du tableau électrique, des installations de ventilation et de climatisation,
  • La création d’un réseau électrique descendant ou séparatif pour les pièces inondables, etc.

La plaquette intitulée « Mon logement est en zone inondable, que faire ? », téléchargeable ci-dessous, a été créée par la DEAL en novembre 2011.
Elle donne des conseils de préparation et de protection avant, pendant et après l’inondation.


Télécharger :