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Presse & communication

Un web-documentaire intitulé " Moun Gran Fon"

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publié le 23 octobre 2014 (modifié le 3 novembre 2014)

Réussir à initier un projet de territoire répondant aux enjeux posés dans les Grands Fonds, c’est l’objectif des acteurs publics (services de l’Etat, collectivités et établissements publics) réunis autour d’une démarche d’étude en cours.
Pour nourrir les composantes de ce projet, le partenariat engagé a souhaité s’appuyer sur un outil multimédia comme support de communication et de concertation.
La rencontre avec l’approche artistique menée par l’association Varan Caraïbe, qui a choisi les Grands Fonds comme terrain d’expérimentation pour la création d’un web-documentaire, a permis de répondre à cette attente.
Le résultat final, qui devrait voir le jour d’ici fin 2015 et serait l’un des premiers support de ce nouveau genre à être développé en Guadeloupe, permettra de valoriser cet espace remarquable et marquant de son empreinte les communes du Gosier, des Abymes, de Morne-à-l’Eau, du Moule et de Sainte-Anne.
La DEAL vous invite ainsi à visionner une première étape de ce travail collectif à travers 6 films courts livrant une diversité des regards portés par leurs auteurs. Quelques points de départ pour des échanges simples et authentiques avec la population des Grands Fonds et de la Guadeloupe.

Le web-documentaire "Moun Gran Fon" en projet

Gilda Gonfier, auteure coordinatrice
« Depuis 2010, l’association Varan Caraibe que je préside organise des formations afin qu’émergent de nouveaux regards sur des réalités trop méconnues, et que s’étanche la soif d’image de soi de ces sociétés en pleine mutation. L’identité, l’histoire et la mémoire irriguent mon écriture théâtrale et romanesque. Inventer, invoquer, et surtout poser un regard pour accueillir la parole détortillée du folklorisme de mon pays. Est-ce que la Guadeloupe est un pays ? Les Grands Fonds sont-ils un pays dans le pays ? ».

Guy Gabon, auteure réalisatrice
Tony fils de la terre de Guiampo.
« En sillonnant les Grands Fonds, mon regard s’est posé sur cette terre au relief singulier, puis au détour d’une crête sur une statue en bronze au milieu d’habitations ; je m’arrête et m’approche ; sur le socle est inscrit : Siméon RENE l’homme qui parlait à la terre de Guiampo . C’est le début de l’histoire … de la rencontre avec cette famille de paysans. Ce jour là, j’ai aperçu Tony, le fils de Siméon, dans le fond prenant soin de sa terre. Il est probablement l’un des derniers fils de cette terre qui a nourri l’âme et le corps d’un peuple. Une terre, des hommes et des femmes qui tentent de résister aux assauts de l’urbanisation ».

Guiampo


Didier Pierre, auteur réalisateur
Koupé Bwa ; Samuel ; les coulées.
« En réalisant ces films, j’ai recherché à me rapprocher de la nature parce que je suis issu des cités de l’urbanisation de bloc de béton ; et en venant dans les Grands Fonds de la Guadeloupe, j’ai été surpris par la beauté luxuriante de la nature, ses coins magnifiques pour se détendre, ses traces qui forment un labyrinthe entre les 5 communes.
Cette nature m’a donné l’impression d’être autre part : j’ai retrouvé un pays dans le pays avec des hommes et des femmes qui vivent avec leurs traditions ».

Koupe Bwa

Samuel

Les Coulées

Fabienne Orain Chomaud, auteur réalisatrice
Sur la route des Chapelles.
« Il m’arrive très souvent de me perdre volontairement dans les Grands Fonds. J’aime ces après-midi d’errance sur les routes sinueuses de ce territoire unique.
Au détour d’un virage, creusée dans la roche ou à l’ombre sous un manguier, plantée au milieu d’un trois chemin, il y a de petites chapelles qui sont comme des écrins. Elles abritent en leur cœur des trésors. Ses trésors sont les prières déposées là au pied de la statuette d’une vierge, d’un ange ou d’un Jésus. A leurs pieds on allume des bougies qui semblent ne jamais s’éteindre. Les fleurs dans ces chapelles, sont elles aussi éternelles.
Si vous vous y arrêtez un jour, et que vous tendez l’oreille, vous entendrez peut être, tout doux tout doux, les neuf prières à la vierge, tout doux tout doux ».

chapelles


Abel Bichara, auteur réalisateur
Quand veillent les hommes.
« Pendant toute la nuit, les chanteurs de veillée des Grands Fonds se relaient pour entonner et improviser les plus beaux morceaux de veillée, accompagnés des claquements de mains des spectateurs, d’un chœur d’hommes de plus en plus ivres, et des "boulagèl". Aucune douleur dans ces chants cependant : juste une sorte de résignation qui ouvre sur de beaux lendemains. Chanter pour les morts, c’est leur façon à eux d’honorer la Vie, et aussi de perpétuer la vie collective de ce territoire en mutation.
Lorsque j’ai découvert la veillée traditionnelle telle qu’elle est encore vécue dans certaines parties des Grands Fonds, j’ai pris toute la mesure de la force symbolique que représente l’acte d’accueillir l’autre chez soi. Sous ce toit, riche de toute la vie du mort, la célébration prend une toute autre dimension.
Mais non content de découvrir la convivialité des veillées "faites à la maison", je découvrais par la même occasion la beauté des chants traditionnels de veillée : un moment de musique véritablement spontané, populaire et participatif. Une situation de plus en plus rare dans un monde où la musique se fait le plus souvent sur scène, artistes officiels d’un côté et auditeurs passifs de l’autre ».

Quand veillent les Hommes


8 films sonores supplémentaires ont été réalisés à l’occasion de l’atelier d’essais radio-cinématographiques proposé par Varan Caraïbe en juillet 2014 et permettent de livrer d’autres perceptions du territoire des Grands Fonds.